Rappelle-toi cher Lecteur le glaçant "Nous sommes en guerre", excessif et dramatique qui mit la France sous Ausweiβ, ou encore le clip des JAM qui nous promettait la soviétisation lors de la campagne des législatives, si par quelque horrible hasard électoral la Nupes était majoritaire.
De la gnognotte comparée à l'anaphore filée par l'inénarrable Oliver Véran sur le thème "Mettre la France à l'arrêt", inventaire à la Prévert de toutes les catastrophes qui nous pendent au nez à cause des réfractaires à la "merveilleuse" loi retraites qui doit sauver le système par réfractaires et qui se mobiliseront le 7 mars.
Cancers du col de l'utérus, remise en cause de la santé de "nos" enfants, rater le train du futur, jusqu'à la catastrophe écologique, pire encore la "catastrophe humaine" !
Tremblez citoyens ! Et encore ! Remercions le ministre qui avoue nous épargner "une liste encore plus longue", une liste que le patron de la CFDT, Laurent Berger vient compléter avec humour.
Monsieur @olivierveran un peu de sérieux : la sécheresse, c’est la faute des syndicats? La crise sanitaire, idem ? Et pourquoi pas la défaite en coupe du monde ? Vos tentatives pour décrédibiliser une mobilisation sans précédent contre les 64 ans sont grossières #64ansCestNon
— Laurent Berger (@CfdtBerger) March 1, 2023
Mais enfin, quelle mouche a donc piqué ce pauvre Véran ?
Hormis le côté parfaitement ridicule et improductif d'une telle communication, on peut se demander si par hasard, la peur ne serait pas du côté du gouvernement tandis que la loi est actuellement en discussion au Sénat.
Même si la majorité des Français pense que la loi passera aux forceps du 49.3 (ou du 47.1), même si la majorité gouvernementale se vantera d'avoir agi dans l'intérêt des Français, il n'en reste pas moins que la journée du 7 mars sera un baromètre impitoyable pour la Macronie qui, de bobards en mensonges, s'est déjà bien décrédibilisée dans cet épisode réformiste.
Car si à l'instar de la SNCF qui affiche un front uni oublié depuis longtemps, le front syndical tient bon et que la mobilisation est massive, ce sera un constat d'échec pour un gouvernement qui a réussi à réunir les frères ennemis du syndicalismes, à fâcher le seul soutien qu'il aurait pu y trouver en la personne de Laurent Berger, et à faire descendre massivement dans la rue travailleurs et retraités, du privé comme du public.
La peur aurait-elle changé de camp ?